Borne en copropriété : préparer l’AG

Syndic ou conseil syndical : préparer l’assemblée générale d’un projet de borne de recharge en copropriété, de l’ordre du jour à la convocation et au vote.

Une petite salle de réunion encore vide, sa table en bois entourée de chaises claires devant une haute fenêtre

Quand la recharge arrive dans le parking, le projet collectif passe par l’assemblée générale. Un cas à part n’est pas soumis au vote : le droit à la prise d’un occupant, dont l’assemblée est seulement informée. Ce guide suit le chemin du syndic, de l’ordre du jour à l’après-vote. Il décrit ce que prévoient les textes, en général, et ne remplace pas un conseil sur une situation précise.

Ce que vous allez découvrir

  1. Les étapes : de la première demande au vote.
  2. L’ordre du jour : ce que le syndic doit y inscrire.
  3. Les majorités : quelle majorité pour quelle décision.
  4. La convocation : ce qu’elle contient quand l’AG décide des travaux.
  5. Après le vote : le procès-verbal, le délai de contestation, et le droit à la prise à part.

De la première demande au vote : les étapes du syndic

Un projet de recharge peut arriver au syndic par trois chemins. Un occupant notifie un droit à la prise, traité plus bas. Le conseil syndical veut réfléchir pour l’ensemble des places. Ou la loi impose au syndic d’inscrire la question, quand l’immeuble a des places d’accès sécurisé à usage privatif sans installation de recharge.

Avant de choisir, la copropriété compare les solutions possibles. Un mot revient dans toutes : l’infrastructure collective, c’est-à-dire le réseau commun du parking qui dessert ensuite les places.

Le réseau électrique auto est le nom qu’Enedis donne à l’infrastructure collective relevant du réseau public d’électricité. Il vise un immeuble collectif à usage principal d’habitation. Le Code de l’énergie pose une condition à son préfinancement : justifier de la demande d’au moins un devis d’infrastructure collective à un opérateur qui propose de l’installer sans frais pour le syndicat. Cette demande est faite deux mois au moins avant l’assemblée générale qui décide de conclure la convention. Le dispositif complet est décrit dans notre guide du réseau électrique auto.

Si la copropriété envisage une convention avec un opérateur qui installe l’infrastructure collective sans frais pour le syndicat, la loi demande l’avis du conseil syndical, lorsqu’il a été institué.

De la demande au vote

  1. Repérer le déclencheur

    droit à la prise, conseil syndical, ou places d’accès sécurisé à usage privatif sans recharge.

  2. Comparer les solutions

    réseau électrique auto, opérateur qui installe l’infrastructure collective sans frais pour le syndicat, infrastructure payée par la copropriété.

  3. Demander un devis

    pour le réseau électrique auto, demander au moins un devis d’infrastructure collective à un opérateur qui propose de l’installer sans frais pour le syndicat, deux mois au moins avant l’assemblée qui décide de la convention.

  4. Recueillir l’avis du conseil syndical

    pour une convention avec un opérateur qui installe l’infrastructure collective sans frais pour le syndicat, s’il a été institué.

  5. Préparer la convocation

    y joindre les pièces que prévoient les textes.

  6. Faire voter

    à la majorité prévue pour chaque décision, voir le tableau des majorités.

Ce que le syndic doit inscrire à l’ordre du jour

L’article 24-5 de la loi de 1965 vise un cas précis : un immeuble doté de places de stationnement d’accès sécurisé à usage privatif, sans installation permettant la recharge. En mots simples : des places réservées à un usage privatif, dont l’accès est sécurisé. Dans ce cas, la loi prévoit que le syndic inscrit deux questions à l’ordre du jour. Le syndic n’attend pas qu’un copropriétaire le demande : la loi lui fait inscrire la question.

Le syndic n’attend pas qu’un copropriétaire le demande : la loi lui fait inscrire la question.

La première question porte sur « la réalisation d’une étude portant sur l’adéquation des installations électriques existantes aux équipements de recharge ». L’étude porte aussi, le cas échéant, sur les travaux à réaliser à cet effet. Autrement dit : l’installation électrique actuelle peut-elle alimenter des bornes, et que faudrait-il faire sinon ?

La seconde question porte sur les travaux eux-mêmes : ceux du i du II de l’article 24 ou du j de l’article 25. Le cas échéant, elle porte aussi sur les conditions de gestion ultérieure du nouveau réseau électrique.

Un ou plusieurs copropriétaires peuvent aussi demander l’inscription de ces travaux. Ils sont alors réalisés sous la responsabilité du syndicat, aux frais des seuls demandeurs. La loi précise : « Cette délibération est adoptée dans les conditions prévues au I de l’article 24. »

La loi du 24 décembre 2019, dont ces règles sont issues, demandait d’inscrire ces questions avant le 1er janvier 2023. Cette échéance est passée, et l’obligation de l’article 24-5 demeure. Le texte complet se lit à l’article 24-5 de la loi de 1965.

Une enveloppe kraft posée sur une table claire, une feuille blanche glissée devant elle, prête pour un courrier

Quelle majorité pour quelle décision ?

Deux majorités reviennent dans un projet de recharge. Celle de l’article 24 se lit ainsi : « Les décisions de l’assemblée générale sont prises à la majorité des voix exprimées des copropriétaires présents, représentés ou ayant voté par correspondance ». Celle de l’article 25 se calcule sur les voix de tous les copropriétaires.

Le tableau reprend les cas que la loi tranche, avec le texte qui les fonde, puis le cas qui dépend de l’objet de la résolution.

DécisionMajoritéTexte
Équiper les places d’accès sécurisé à usage privatif de bornes et réaliser l’étude de l’article 24-5Article 24Loi de 1965, art. 24, II, i
Convention avec le gestionnaire du réseau public pour une infrastructure collective relevant du réseau public, sans frais pour le syndicatArticle 24, par dérogation à l’article 25, jLoi de 1965, art. 24-5-1, 1°
Convention avec un opérateur qui installe une infrastructure collective sans frais pour le syndicatArticle 24, après avis du conseil syndical s’il a été instituéLoi de 1965, art. 24-5-1, 2°
Installation ou modification des installations électriques alimentant les places d’accès sécurisé à usage privatif pour la rechargeArticle 25, avec la passerelle de l’article 25-1Loi de 1965, art. 25, j, et art. 25-1
Projet collectif payé par la copropriétéMajorité de l’article 24 ou de l’article 25 selon l’objet de la résolution, avec passerelle de l’article 25-1Loi de 1965, art. 24, 25 et 25-1

La passerelle de l’article 25-1 fonctionne ainsi. Une résolution n’obtient pas la majorité de l’article 25, mais elle réunit au moins le tiers des voix de tous les copropriétaires. Alors « la même assemblée se prononce à la majorité prévue à l’article 24 en procédant immédiatement à un second vote ».

Pour le réseau électrique auto, ce que la convention du réseau électrique auto engage, et son vote fait l’objet d’un article à part.

La convocation : ce qu’elle contient quand l’AG décide des travaux

Pour la question des travaux de l’article 24-5, la loi liste ce qui est joint à la convocation. Le décret du 17 mars 1967 ajoute une règle générale, quand l’assemblée est appelée à approuver un contrat, un devis ou un marché.

PièceQuandTexte
Le détail des travauxQuestion des travaux de l’article 24-5, IVLoi de 1965, art. 24-5, IV
Les devis et les plans de financement élaborés à cet effetQuestion des travaux de l’article 24-5, IVLoi de 1965, art. 24-5, IV
Le projet de contrat fixant les conditions de gestion du réseau électrique modifiéLe cas échéantLoi de 1965, art. 24-5, IV
L’étude de l’article 24-5, IIILorsqu’elle a été réaliséeLoi de 1965, art. 24-5, IV
Les conditions essentielles du contrat, ou des contrats proposés en cas d’appel à la concurrenceL’assemblée approuve un contrat, un devis ou un marchéDécret de 1967, art. 11
L’avis du conseil syndicalSa consultation est obligatoireDécret de 1967, art. 11

Le décret précise que ces pièces sont notifiées au plus tard en même temps que l’ordre du jour. C’est l’assemblée générale qui fixe, à la majorité de l’article 25, le montant à partir duquel la consultation du conseil syndical est obligatoire, et celui à partir duquel la mise en concurrence l’est. À défaut de conditions fixées par l’assemblée, la mise en concurrence résulte de la demande de plusieurs devis ou d’un devis descriptif soumis à plusieurs entreprises.

Après le vote : procès-verbal et délai de contestation

Le procès-verbal est le document qui consigne le résultat de chaque vote. Le syndic le notifie dans le délai d’un mois à compter de la tenue de l’assemblée générale.

Seuls les copropriétaires que le texte appelle « opposants ou défaillants » peuvent contester une décision. Ils disposent de deux mois, à peine de déchéance. Ce délai court à compter de la notification du procès-verbal, sans ses annexes, à chacun d’eux. Il ne court pas du jour de l’assemblée.

L’article 42 prévoit aussi un effet sur les travaux : « l’exécution par le syndic des travaux décidés par l’assemblée générale en application des articles 25 et 26 [...] est suspendue jusqu’à l’expiration du délai de deux mois ». Le texte réserve le cas de travaux qui ne peuvent pas attendre. Il ne vise pas les décisions prises en application de l’article 24. Pour des travaux de l’article 25 adoptés au second vote de l’article 25-1, le texte ne règle pas la question expressément. Le texte complet se lit à l’article 42 de la loi de 1965. Ces délais prennent place dans un calendrier plus large, présenté dans notre article sur le délai d’installation des bornes en copropriété.

Le droit à la prise ne passe pas par un vote

Un occupant de bonne foi équipe sa place d’accès sécurisé à usage privatif, à ses frais, d’une installation de recharge permettant un comptage individualisé. Le Code de la construction et de l’habitation (article L. 113-16) dit que « le syndicat des copropriétaires représenté par le syndic ne peut s’opposer sans motif sérieux et légitime ».

L’assemblée n’a pas à voter. Le projet est inscrit à la prochaine assemblée pour « une information des copropriétaires sur le projet de travaux ». Le syndic signe la convention avec le prestataire sans autorisation de l’assemblée générale.

Pour s’opposer, le syndic saisit le président du tribunal judiciaire dans les trois mois de la notification qui lui a été faite, à peine de forclusion. Parmi les motifs sérieux et légitimes, la loi cite la décision du syndicat de réaliser lui-même de telles installations dans un délai raisonnable. La liste n’est pas fermée. En pratique, une première demande peut être l’occasion de poser la question pour l’ensemble des places. Le détail est dans ce que fait le syndic qui reçoit une demande de droit à la prise.

Ce qu’il faut retenir

  1. Places d’accès sécurisé à usage privatif sans recharge : deux questions à inscrire, l’étude puis les travaux.
  2. Réseau électrique auto : demande d’au moins un devis d’infrastructure collective à un opérateur qui propose de l’installer sans frais pour le syndicat, deux mois au moins avant l’assemblée qui décide de la convention.
  3. Article 24 pour la décision d’équiper et l’étude, et pour les conventions d’infrastructure collective installée sans frais pour le syndicat ; article 25 pour l’installation électrique, avec la passerelle de l’article 25-1 ; projet payé par la copropriété : selon l’objet de la résolution.
  4. Contestation : deux mois pour les seuls opposants ou défaillants, à compter de la notification du procès-verbal.
  5. Droit à la prise : une information de l’assemblée, pas un vote.

Pour une question de droit sur votre situation : votre ADIL ou un avocat. Bornetik IDF est une entreprise privée d’installation, sans lien avec Enedis.

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Questions fréquentes

Le syndic doit-il inscrire la recharge à l’ordre du jour sans demande d’un copropriétaire ?
Oui, lorsque l’immeuble a des places de stationnement d’accès sécurisé à usage privatif sans installation permettant la recharge. La loi prévoit alors que le syndic inscrit deux questions : une étude sur l’adéquation des installations électriques existantes, puis les travaux. L’échéance transitoire du 1er janvier 2023 est passée, l’obligation demeure.
Quelles pièces joindre à la convocation pour des travaux de recharge ?
Pour les travaux de l’article 24-5, la loi prévoit le détail des travaux, les devis et les plans de financement, le cas échéant le projet de contrat de gestion du réseau modifié, et l’étude si elle a été réalisée. Le décret de 1967 ajoute les conditions essentielles du contrat, et l’avis du conseil syndical si sa consultation est obligatoire.
Un copropriétaire peut-il faire voter des travaux de recharge à ses seuls frais ?
Un ou plusieurs copropriétaires peuvent demander l’inscription des travaux de l’article 24-5. Ils sont alors réalisés sous la responsabilité du syndicat, aux frais des seuls demandeurs, et la délibération est adoptée dans les conditions du I de l’article 24. Ce cas est distinct du droit à la prise, qui ne passe pas par un vote.
Les travaux votés peuvent-ils commencer juste après l’assemblée ?
L’article 42 suspend l’exécution des travaux décidés en application des articles 25 et 26 jusqu’à la fin du délai de contestation de deux mois. Il réserve le cas de travaux qui ne peuvent pas attendre, et ne vise pas les décisions prises en application de l’article 24. Pour un cas précis, interrogez votre ADIL ou un avocat.
Qui peut contester la décision de l’assemblée, et jusqu’à quand ?
Seuls les copropriétaires opposants ou défaillants peuvent agir, dans les deux mois, à peine de déchéance. Le délai court de la notification du procès-verbal à chacun d’eux, sans ses annexes, et non du jour de l’assemblée. Le syndic notifie ce procès-verbal dans le mois qui suit la tenue de l’assemblée.

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Mots-clés : assemblée générale, borne de recharge

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